24/02/2010

Nettoyage high tech

La guerre, dont l’objectif est de tuer des gens avec, pour corollaire, de terroriser les survivants et de s’approprier les territoires et les biens des peuples vaincus, n’a pas changé dans sa nature, au cours du temps, mais uniquement dans sa forme.

Jadis, à une époque où prônait la force humaine physique et où l’économie était basée sur le secteur primaire, la mise en esclavage figurait quasiment comme une nécessité, un acte de clémence obligé.

De nos jours, les bombes à neutrons et les armes biologiques ciblées auraient vite fait de « nettoyer » le terrain des parasites humains devenus contournables. Puisque remplaçables par des machines, des systèmes experts.

 

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01/02/2010

Ainsi faudra-t-il

Ainsi faudra-t-il continuer jusqu’à ce que mort s’ensuive, dit-il
Mais sans tortures, sans passion, rien que de banals aveux
Pas de grand projet à la manière d’Ulysse
Par-delà les Colonnes pas d’océan inconnu
Jours quadrillés par les horaires implacables
Mais dans la douceur immobile
des rails de trains et de métros
Glissants sur les jours
Ainsi faudra-t-il.

 

 

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04/01/2010

Cheminement vers l’uchronie


russian defeat and occupation 1952-1960 (330 x 435)

 

Quoi de plus fascinant que l’uchronie ? Cet exercice qui consiste à imaginer comment serait le monde si…

S’agit-il d’un simple jeu intellectuel, une sorte de flamboyante démonstration par l’absurde pour mieux retomber sur les pattes du politiquement correct ?
Je ne le crois pas.

Et je serais même enclin, pour ma part, à affirmer que l’uchronie, avec ses composants manipulés de la réalité, constituerait l’intuition sinon la vision des univers parallèles prédits par certains philosophes, physiciens et cosmologues.

L’informatique nous a  permis d’accéder à la réalité dite « virtuelle ». Or, nous savons qu’une fois immergés dans cette réalité, celle-ci devient tout autant réelle.

L’uchronie semble avoir un rapport assez évident avec la réalité virtuelle.
La réalité virtuelle, de fait, apparaît comme un cheminement vers l’uchronie.

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Heureuse et prospère année 2010 !

A tous les lecteurs de mes posts, à tous les passants et navigateurs perdus sur ce blog, je souhaite une heureuse et prospère année 2010 !

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25/12/2009

Empires romains contemporains ?

Les empires anglais et français des 19e et 20e siècles auraient-ils pu se transformer en empires romains contemporains ?
Sans doute, à condition qu’ils eussent accordé, à terme, à tous leurs habitants les mêmes droits et exigé les mêmes devoirs.
Or, on sait bien que ce ne fut pas le cas. Bien au contraire.
C’est la gloire de l’empire romain d’avoir associé à son destin, y compris dans la réalité du pouvoir, les peuples conquis.
Il aurait pu en être de même pour les empires anglais et français si cette volonté avait existé.
Cependant, deux éléments importants sont à prendre en considération lorsqu’on envisage rétroactivement une telle possibilité :

Le niveau de vie entre les métropoles et les colonies avaient été rendu disproportionné par l’industrialisation et les avancées technologiques.
Dans l’Antiquité, les niveaux de vie entre les Romains et les peuples soumis et même les « Barbares » étaient relativement rapprochés, la vie économique étant alors basée essentiellement sur l’agriculture.

La religion antique se distinguait par son polythéisme diffus. Loin d’être un obstacle à l’intégration des peuples dans une plus grande communauté humaine, la pluralité des dieux pouvait concourir à « relativiser » le fait religieux, et cela d’autant plus que les divinités multiples semblaient calquées, dans leurs passions, faits et gestes, sur la société humaine.
Il existait des sortes de tables de correspondance entre les dieux des différents peuples.
L’avènement du monothéisme réducteur, dans ses diverses variantes (judaïsme, christianisme, mahométisme) rend nettement plus difficile voire impossible une relation religieuse apaisée avec l’« autre ».
Négation du reste de l’humanité, conversions forcées, croisades, « jihad », tel est le visage totalitaire du monothéisme.
Difficile dans ces conditions de trouver une voie harmonieuse.

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28/11/2009

Ce nuage tout en longueur

Ce nuage tout en longueur
Effilé gris-blanc reflétant
Par-dessous le soleil levant

Il avance
Mais d’une manière soutenue
Tel un sous-marin
Glissant dans son élément

Devant mes yeux il passe
Indifférent silencieux
Bientôt il est déjà loin
Tout dédié à rejoindre l’horizon.

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22/11/2009

Mondes parallèles

Reversed_Earth_map_1000x500 (330 x 165)

J’aime les paradoxes car ils permettent de glisser sur les raccourcis de la réalité. Nous font-ils approcher les imperfections de ce qui est ? Aussi, sans doute. Et les savants, les philosophes, les poètes peuvent trouver dans ces représentations des poternes pour entrer dans des mondes parallèles.

Ces mondes parallèles existent par nos constructions mentales. On peut les inventer. La preuve ?

Prenez une carte du monde (planisphère). Inversez-la. Ce n’est plus la terre accoutumée. Ces continents mis sens dessus dessous deviennent tout d’un coup étranges.
Il nous semble de visualiser l’état de continents d’époques géologiques révolues ou mieux l’image inédite d’une planète tellurique surgie du fin fond de quelque galaxie. Terre « autre » que recherchent, avec leurs télescopes, les astronomes assidûment.

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16/11/2009

Continuum

Il n’y a pas d’un côté le blanc et d’un autre côté le noir : il y a un continuum.
Il n’y pas d’un côté le pire et de l’autre côté le meilleur : il y a des degrés, qui peuvent être franchis objectivement (et subjectivement) dans un sens ou dans l’autre.
Tout le reste n’est qu’idéologie, propagande, leurre.

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08/11/2009

Encyclopédie « Tout l’Univers »

Tout l'Univers (193 x 255)

 

 

 

 

 

 

 

 

1
Classe de dernière année d’école primaire. L’instituteur (qui fait aussi fonction de directeur de l’établissement) demande à tous les élèves de former une file. Ensuite, il prend un grand livre, l’ouvre et le dépose ainsi ouvert contre le tableau, sur la rainure destinée aux craies. Il fait signe et la procession commence. Sur les pages déployées, on peut voir la représentation d’effroyables monstres préhistoriques. Comme les autres élèves, je fais partie de la procession. Je m’arrête quelques instants devant les images avant de retourner à ma place. Je reste ébloui par les illustrations. Ce livre fait partie d’une encyclopédie. Je n’avais jamais vu d’encyclopédies.

2
Première année d’école secondaire. Un homme passe à la maison. C’est un représentant de commerce. Il s’attache à démontrer à mes parents tout l’intérêt qu’il y aurait à acheter, pour moi, l’encyclopédie « Tout l’Univers ». Arguments classiques : éveil de la curiosité intellectuelle, compagnon d’études…
Mes parents ne sont pas opposés à cet investissement. Mais il faut souscrire un contrat d’achat par lequel ils devront s’engager à acheter un livre tous les mois ou deux. Nous avons peu de moyens. L’investissement est trop important. Le représentant s’en va bredouille en laissant sa carte de visite. Grande est ma déception.

3
Mon père prend la décision : on achètera les livres mais sans engagement automatique et en fonction de nos ressources. Au coup par coup. Je me souviens d’un samedi après-midi où ma mère et moi avons fait le tour de plusieurs librairies. Le volume un était épuisé. Chez moi, la collection « Tout l’Univers » a démarré par le volume deux. Avec un certain agacement de mon père qui aurait voulu tout de même « commencer par le commencement ».

4
Mais l’ordre des volumes n’était pas trop important. L’encyclopédie était constituée d’articles pour l’essentiel indépendants. C’est ainsi qu’au fil du temps l’encyclopédie « Tout l’Univers » est venue s’installer à la maison. Avec des planches et des clous, mon père a réalisé une bibliothèque.

5
L’encyclopédie « Tout l’Univers » m’a toujours fasciné. D’abord pour les illustrations qui étaient remarquables et bien agencées : des dessins vivants, coloriés, suggestifs. Ensuite, lors de la lecture, pour la qualité du contenu.

6
Mes parents qui ne maîtrisaient pas convenablement la langue française ne pouvaient pas m’aider vis-à-vis de celle-ci pendant ma scolarité. Je lisais donc l’encyclopédie. Ce qui me plaisait et m’interpellait tout particulièrement dans « Tout l’Univers » c’était chaque fois le chapeau introduisant les articles. Introduction à caractère littéraire, même lorsqu’il s’agissait de parler de sujets techniques ou scientifiques. Je trouvais ça réellement merveilleux.

7
C’est en étudiant, décortiquant, paraphrasant ces textes liminaires que j’acquis progressivement une certaine compétence en composition française. Je voulais comprendre, à travers les multiples exemples fournis, comment faire démarrer un texte, prolonger un raisonnement, réaliser un corps de texte qui tienne la route, mettre une chute en relief.
Si je suis parvenu, par la suite, à écrire des textes littéraires (poésie, prose), plus qu’à mes professeurs de français, j’en suis redevable, au moins initialement, à l’encyclopédie « Tout l’Univers ».

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05/11/2009

La nuit abolie

Rendez-vous à la fin du rêve.

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02/11/2009

Medito ergo sum ? (à l’attention de Marie-Astrid)

Est-il nécessaire de méditer, pourtant ? Je n’en suis pas si sûr.

En suivant les deux perspectives envisagées par les philosophes grecs, ou bien le monde est immuable et donc à quoi bon méditer puisque rien ne bouge, ou bien le monde est un flux constant et donc il va changer de lui-même comme les titres des journaux télévisés non-stop.

La méditation permet-elle, au moins, de modeler soi-même et le monde ? (avec l’idée que « soi-même » et le « monde » ne feraient qu’un) ?

Pourtant, je persiste à penser que les changements en soi-même et dans le monde s’effectuent à travers les chocs de la vie, subis ou donnés, à voir et à vivre, par et dans le monde.

Les marins apprennent à naviguer et à se connaître à travers les éléments déchaînés des tempêtes et pas tellement sur une mer d’huile propice pourtant à un retour sur soi.

La méditation peut servir, aussi, d’alibi pour se retrancher du monde. Mais je concède que l’« activisme » forcené peut également se révéler stérile.

14:25 Écrit par Hermes007 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/10/2009

Barrières des mondes

Je ferme les yeux et tout s’estompe
Mon corps lui-même ses frontières
Deviennent poreuses d’abord
Ensuite elles disparaissent
Reste la conscience
Prête elle-même à disparaître
Présage du néant

Est-ce là l’illusion
Dont parlent les poètes ?

Les barrières des mondes
N’auraient donc
Que l’épaisseur des paupières ?

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09/10/2009

Horus, Mithra, Jésus et les autres

Mithra1 (224 x 221)

 

 

 

 

 

 

 

L’on savait que la religion chrétienne avait emprunté à la religion de Mithra nombre de ses symboles et pratiques (tels que la date de naissance du Christ, le 25 décembre, le banquet rituel ou Eucharistie, le culte dominical, etc.) et que la Basilique Saint-Pierre se trouve, selon toute vraisemblance, à l’emplacement même d’un ancien lieu de culte mithraïque.

Mais l’on sait moins que l’histoire même du Christ reprendrait ou incorporerait les péripéties de vie d’au moins une bonne demi-douzaine de divinités antiques parmi lesquelles, notamment, celles de Horus et de Krishna.

La similitude entre la figure du Christ et celle du dieu Horus, s’il faut en croire certains auteurs, serait troublante et même déstabilisante.
Même conception miraculeuse, même nombre de disciples (douze), même titre (Horus est désigné par le monogramme KRST), même résurrection après trois jours, même manière de se désigner (« je suis la voie, la vérité, la vie »)…

Sous des abords modernes et romanisés, la principale religion occidentale, la religion chrétienne, ne serait en fin de compte que la perpétuation de l’ancienne religion égyptienne à peine travestie.

Le nombre d’éléments significatifs communs entre les diverses divinités du monde antique laisserait même entrevoir une religion antérieure à caractère solaire et astrologique.
Les rois mages seraient la personnification des trois étoiles de la ceinture d’Orion, le taureau mithraïque et les poissons symbolisant le Christ exprimeraient les constellations homonymes, les douze disciples figureraient comme la représentation des douze constellations du zodiaque, l’auréole du Christ serait la pérennisation, à travers les siècles, du disque solaire…

Ce « révisionnisme » concernant le Christ et le christianisme se révèle encore plus déconcertant par rapport à la Bible.
Seule l’absence de sources fiables autorisait à considérer la Bible comme un livre d’inspiration « divine », unique en son genre et de ce fait totalement « tabou » au plan de l’étude critique.

A la lumière des connaissances acquises progressivement par le dévoilement des faits culturels liés aux brillantes civilisations du Croissant fertile, ce livre « sacré » apparaît pour ce qu’il est : une anthologie de récits légendaires et mythologiques issus de la Mésopotamie (Sumer, Babylone) mêlés à des éléments historiques et mythologiques proprement ethniques (Hébreux).

Il est étonnant que cette vision renouvelée ne soit pas mise en perspective dans les cours d’Histoire.
Cela rendrait les civilisations premières de l’humanité singulièrement « modernes » et rendrait à la Bible sa juste place relative dans le panorama des mythologies élaborées par quantités de peuples au cours de l’Histoire.

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02/10/2009

Consommateurs/travailleurs de choc

La propagande soviétique relative au bonheur, aux lendemains qui chantent, tout cela on le retrouve dans notre propagande moderne constituée par la publicité.

Ce qui était promis par l’alignement sur l’idéologie et le volontarisme dynamique des travailleurs de choc dans les régimes soviétiques, est également promis en Occident mais ici par l’adoption d’un ligne de vie modelée par la consommation commerciale et le crédit.

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23/09/2009

A l’intérieur de la Baleine

On cherche la vie extraterrestre et on désespère même de la trouver ou on ironise sur elle.

Mais peut-être sommes-nous insérés en elle, comme Jonas ou Pinocchio à l’intérieur de la Baleine.

Nous, minuscules cellules, si prétentieuses et magnifiques.

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15/09/2009

ZH et CC

Zheng He1 (250 x 144)

 

 

 

 

 

Comparée à la flotte impériale chinoise du grand navigateur Zheng He (1371-1433) — 200 navires, un navire amiral une fois et demi plus long qu'un terrain de football et près de 30 000 personnes (marins, soldats, artisans, concubines, astronomes, cartographes) composant les expéditions navales —, la flottille de Christophe Colomb semble bien dérisoire.

Pourtant, les voyages de l'amiral Zheng He ne constitueront, en fin de compte, que des expéditions de prestige visant tout au plus à recueillir des tributs en faveur de l'empereur de Chine.

Les trois coquilles de noix de Christophe Colomb, amiral de la mer océane, bouleverseront l'état du monde avec des effets durables — dans le bien et dans le mal — jusqu'à nos jours.

Mais cette éclosion maritime chinoise précoce et la colonisation chinoise avortée laissent entrevoir ce que pourrait être, à l'avenir — mais il est déjà amorcé —, le réveil complet de la Chine : un ordre de marche démesuré, global, coordonné.

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13/09/2009

Europe, petit cap d'Asie

Le colonialisme, à sa manière, avait érigé une barrière entre l’Occident et le reste du monde. L’Europe et l’Amérique constituaient des sanctuaires inaccessibles aux peuples d’Afrique et d’Asie.
Mais le vent a tourné et l’Europe est redevenue ce « petit cap du continent asiatique », suivant la formule saisissante de Paul Valéry. Avant ce dernier, Nietzsche avait parlé de l’Europe comme d’une « petite presqu’île avancée » de l’Asie.

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04/03/2009

Démocrite et Platon, encore (en réponse à Fabrice)

Oui, je connais cette théorie de la réalité comme hologramme. La réalité ne serait que virtuelle. Une forme d’illusion.
Je crains que cette théorie ne soit qu’un avatar de l’idéalisme.

Il faut partir de notre vie « réelle », quotidienne, immédiatement perceptible.
La réalité globale a beau être philosophiquement parlant une « illusion », il se passe que dans la réalité quotidienne, à notre échelle, nous avons à faire avec une réalité « solide », avec des causes apparentes et des effets apparents : une collision frontale entre deux véhicules automobiles provoque des dégâts, un immeuble qui s’écroule également, une inondation de même.

La réalité aurait beau être « fondamentalement » une illusion, c’est néanmoins une illusion comportant, dans notre expérience immédiate, des dimensions, un poids, une densité, une localisation spatio-temporelle, une « matérialité », en somme, bien embarrassante.
Que cette « réalité » puisse évoluer, se transformer, se désagréger, voire s’annihiler ne change rien à la perception immédiate que nous en avons.

Face à cette réalité immédiate implacable, l’approche idéaliste s’est efforcée d’en atténuer les angles voire de l’occulter par le biais de l’« illusion ».
Le problème reste entier donc. Oui, il est possible que la réalité ne soit qu’une immense « machinerie » virtuelle, composée de purs paramètres mathématiques, cependant notre réalité est une réalité essentiellement « concrète ».

Toute l’histoire humaine, d’après ce que l’on en sait, a consisté jusqu’à ce jour, à se protéger de la « nature » (qui n’est rien d’autre que la « réalité » dans laquelle nous sommes immergé), de ses menaces, de ses manifestations néfastes et de tirer parti de ses forces brutes, de son état, de son aveuglement même.
Car la réalité dans laquelle nous sommes parti prenante est une réalité aveugle, indifférente et sourde (au moins à notre échelle), c’est une réalité qui broie.

Certains renvoient à une divinité l’existence de cette réalité.
Mais que valent toutes les soi-disant beautés du monde face à la souffrance ? Quelle gloire pourrait retirer une divinité de cette souffrance tellement récurrente dans notre monde ? N’est-ce pas une manière de se voiler les yeux ?
A moins de donner une signification « supérieure », « pertinente » à la souffrance, à la douleur, signification que pour ma part je récuse.

La réalité, telle que nous la percevons, suit une logique matérielle qui est celle de l’expérience quotidienne et immédiate.
Et nous essayons de rendre compte de cette réalité avec les instruments à notre disposition. Les concepts eux-mêmes naissent de notre expérience immédiate, par analogie, extension, généralisation.

Que cette réalité soit volatile voire fondamentalement « immatérielle » ne change rien à l’affaire d’un point de vue de l’ici et maintenant (hic et nunc).

Que notre conscience puisse nous relier à d’autres plans, d’autres interfaces, c’est possible voire certain, mais n’est-ce pas aussi une manière de vouloir poursuivre la proie pour l’ombre, une manière d’être en décalage par rapport à notre réalité ?

Tout ceci pour dire que je réaffirme le match nul entre Démocrite et Platon.

La réalité est-elle une idée universelle qui se matérialise ou bien une structure matérielle (à notre échelle et dans notre horizon de conscience) qui aspire à s’évader de son confinement ?

Le rêve, l’imaginaire, la souffrance, la rugueuse matière, tout cela forme un tout mêlé dans notre perception, quoique distinct en ses éléments.
Ce tout constitue notre réalité (notre univers ?).
Parmi d’autres univers, d’autres réalités ?

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20/02/2009

L’inconscient et l’inexprimé

L’inconscient importe moins que l’inexprimé. L’inconscient relève de l’occulte, c’est une capacité d’influence, une sorte de lobby virtuel. L’inexprimé a un rapport clair avec la vie réelle, quotidienne, dans ses dimensions physiques et sociales.

Autant l’inconscient peut rester confiné dans son espace privé sans trouble nécessaire, autant l’inexprimé doit se dire, se désenclaver, se socialiser, pour permettre de vivre mieux.

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12/02/2009

Intime signification

Pourquoi certains films, certains livres, certaines chansons, certaines oeuvres d’art, certains visages, certaines histoires, et seulement ceux-là ou celles-là, nous bouleversent, nous parlent, nous interpellent, résonnent dans notre vie, nous transmettent une force conquérante ou au contraire nous abattent, nous déstabilisent d'une manière redoutable ?

Alors que tout le reste nous indiffère ou retient de notre part une attention simplement polie ?

Quelle est cette magie ou cette combinaison d’atomes misérables ?

A quoi la devons-nous ? A notre histoire ? A notre flux de pensées ? A nos constructions imaginaires ?

A notre quotidien bien réel ? A nos multiples talons d'Achille ? A des angoisses enfouies insurmontables ?

A des fontaines de joie occultes, irrépressibles ?

Une chose est sûre, à travers ces instants — qui peuvent perdurer longtemps — c'est une communication qui se fraye un raccourci à travers notre existence et notre conscience, un message dont nous sommes les seuls à pouvoir comprendre l’intime signification.

Parfois le message nous arrive net et clair, cinq sur cinq, parfois confusément, comme s'il était rédigé dans une langue codée mais dont les clefs se trouvent dans notre poche.

Ce qui vient nous perturber, en fin de compte, c'est une exigence d’adéquation.

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26/01/2009

Démocrite et Platon

janus bifrons

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’éternelle question du « dehors » et du « dedans », de l’esprit et de la matière reste, quoi qu’en en dise, en suspens.

De la relation entre ces deux entités surgit la responsabilité aussi bien que le hasard, la nécessité ou encore la volonté.
La matière nous façonne, nous conditionne, nous entraîne, parfois nous malmène, nous donne le vertige. Idem de la part de l’esprit.

Véritable Janus bifrons, notre réalité n’est pas sécable.
Le dedans et le dehors figurent comme l’avers et le revers d’une même pièce.

Et même la « virtualisation » de la vie n’y changerait rien. Car ce processus relèverait simplement de l’« allègement » de la matière.
Une distinction se perpétuerait entre l’« idée » et la « mise en œuvre », à savoir sa formalisation.

Match nul entre Démocrite et Platon.

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11/01/2009

La méprise

Par la simple vertu d’avoir créé des œuvres (définies parfois « immortelles » ou «  sublimes »), depuis toujours les artistes ont bénéficié d’un prestige tel qu’on a pu les considérer comme les messagers des « dieux ».

Pourtant, à y regarder de près, l’écart entre la perfection de leurs œuvres et les qualités humaines de leur vie se révèle souvent aussi grand que pathétique ou tragique.
Hélas, les artistes n’ont rien de plus à dire que n’importe qui. C’est précisément la grande méprise.
En quoi une œuvre peut-elle donner une quelconque priorité, définir une quelconque supériorité ?

L’origine de la méprise provient du fait que chacun d’entre nous cherche à donner un « sens » à la vie, à l’existence.
C’est justement ce « donner sens », bien encombrant, qui pose problème aussi.

Car ce qui est valable pour les artistes (au sens commun du terme) l’est également, mais avec des conséquences bien plus gravissimes, pour les « créateurs » du domaine politique ou religieux.
Dans ce cas, leurs œuvres peuvent acquérir une sombre résonance susceptible de modeler, sinon de contraindre, des millions de gens à la vie, à la mort.

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08/01/2009

D’un seul bloc

Le froid piquant qui s’insinue partout me rend complètement K.O. et dans la rue j’ai comme l’impression d’être absolument congelé et de marcher d’un seul bloc.

Si je tombais sur le trottoir, est-ce que mon corps se casserait d’un coup en mille morceaux ?

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04/01/2009

Heureuse année 2009 !

A tous les visiteurs de ce blog j'adresse mes meilleurs voeux pour une heureuse année 2009 !

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31/12/2008

Un jour

Un jour je ferai le tour du monde en avion en ballon en patins à roulettes

Un jour je battrai le record du monde du cent mètres

Un jour je dévoilerai un nouveau monde impudique

Un jour je visiterai à mon rythme une infinité de mondes parallèles

Un jour je redessinerai la carte poétique du monde

Un jour j’éplucherai le monde comme une mandarine

Un jour je ne conserverai du monde que les baleines qui soutiennent les longitudes

Un jour je jouerai au bilboquet avec le monde

Et puis un jour je détruirai le monde avec un missile à l’élastique

A moins qu’un jour je ne remise le monde dans un grenier cosmique.

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16/12/2008

Petit Jésus

A l’approche de Noël, immanquablement, il ressortait tout l’attirail de la crèche : l’étable, l’âne et le bœuf, les bergers et les moutons, Marie et Joseph et, bien entendu, le nouveau-né (certes, un peu anticipativement).

Il plaçait le bel ensemble (tout en plastique) sur une table basse dans le hall d’entrée.
Employés et visiteurs pouvaient ainsi admirer en 3D lors de leurs allées et venues ce symbole de la Nativité.

Mais l’humour avait été aussi convié à la partie par l’ordonnateur pince-sans-rire.
Le « divin enfant » était minusculement disproportionné par rapport aux autres figures de la crèche.
Une grosse loupe était déposée sur la table et à partir de cet instrument une flèche pointait vers la crèche avec, écrit dessus, « petit Jésus ».
Hilarité assurée.

Les festivités terminées, la crèche avec tous ses personnages était remisée dans un sachet plastique gris du type habituellement utilisé pour les déchets.
Hélas, lorsque le Service a déménagé, l’an dernier, rien ne ressemblait plus au sachet gris contenant la crèche que tous les autres sachets gris contenant de vrais rebuts.
Le petit Jésus (avec tout l’attirail de la crèche) fut jeté à la poubelle.

Le bébé, depuis, est porté disparu.
Mauvaise nouvelle. Aucun miracle n’a eu lieu. L’année prochaine, peut-être, qui sait ?

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10/12/2008

Etourdissement

L'écriture est encore et toujours une variante du bavardage.
Elle exprime certes une énergie. Mais déjà flitrée par rapport à la "vraie vie", tellement (omni)présente, prenante et oppressante.
L'écriture, d'une certaine manière, vise à rendre la vie plus légère, moins menaçante, presque par dérision.
Mais ce n'est qu'un jeu. Le grand oeuvre de l'écriture, c'est l'étourdissement.
Comme toutes les formes d'art, par ailleurs.

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04/12/2008

Couper/Copier/Coller

Cela apparaît aujourd’hui, à la « génération digitale », comme quelque chose d’absolument banal.
Quelques clics de souris (Couper/Copier/Coller) ou quelques touches de raccourcis (CTRL+X/CTRL+C/CTRL+V) — on trouve ces fonctions dans n’importe quel programme de traitement de texte, même le plus minimaliste.

Et pourtant, il n’y a pas encore si longtemps, dans le monde matériel sans informatique, les fonctions Couper/Copier/Coller représentaient une démarche très concrète et fastidieuse lorsqu’on voulait composer un texte et le présenter d’une manière aboutie.
Couper/Copier/Coller, tout cela se faisait au sens littéral des mots : ces opérations exigeaient l’usage de ciseaux, de papier, de caractères et de colle bien physiques.

Au Bureau où je traduis, avec d’autres collègues, les tarifs douaniers du monde entier, les Aînés (maintenant pensionnés) m’avaient expliqué leur démarche de travail d’avant l’informatique.

Il fallait d’abord traduire puis dactylographier, puis passer à l’imprimerie pour une première épreuve. C’est à ce moment qu’intervenait les ciseaux, la colle et la patience.
Il fallait corriger les lignes erronées, les retaper, découper en forme de bandelette le support papier comportant le nouveau texte et coller cette bandelette sur l’épreuve.
Nouvelle impression, nouvelle épreuve et, le cas échéant, rebelote : nouvelle correction, nouvelle dactylographie, nouvelle bandelette, nouvelle épreuve.
Et ainsi de suite jusqu’à l’épreuve réputée correcte et définitive. Et le bon à tirer.
Cela prenait un certain temps.

Je n’ai pas connu cette époque professionnelle « héroïque ». Par contre, d’un ancien collègue que je n’ai jamais connu, j’ai hérité de sa paire de ciseaux. Qu’il m’arrive d’utiliser occasionnellement pour de toutes autres fonctions et que je conserve dans un tiroir de mon bureau.

23:21 Écrit par Hermes007 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/11/2008

Plaudite cives !

Effervescence du matin. Comme si tout le monde avait hâte de rejoindre son boulot. Dans l’escalier mécanique c’est la cohue. Pris en sandwich, je me laisse entraîner par le mouvement.

L’escalier descend vers le quai du métro avec toute sa grappe de voyageurs. Et soudain s’arrête net. Quelqu’un a dû appuyer sur le bouton d’arrêt d’urgence. Ou alors est-ce une panne simplement.

Les gens se retiennent comme ils peuvent, les uns les autres, tombent comme des dominos. La plupart rétablissent leur équilibre. Sauf une dame qui finit par descendre les marches en boitant, tenue à bout de bras par un monsieur, sans doute son mari ou un ami.

Sur le quai plusieurs personnes s’enquièrent de son état. Je m’approche aussi. Je suggère d’appeler quelqu’un de la sécurité, pour faire état de l’incident. On ne sait jamais : elle doit avoir, pour le moins, une entorse.

Mais elle n’entend rien, fait la grimace.

Entre-temps la rame de métro entre dans la station. Les portes s’ouvrent. Toujours soutenue par son compagnon, elle monte dans le wagon. D’un geste de la tête, je marque ma désapprobation. Et je me dis « après tout chacun fait comme il veut ».

Le métro démarre. Un musicien ambulant, à moitié clochard, avec un petit instrument en plastique (si j’ai bien vu) commence à faire de la musique. Répétitive et lancinante du genre pays de l’Est ou quelque chose dans ce genre là.

Préparez la piécette. Plaudite cives !

23:42 Écrit par Hermes007 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/11/2008

Etre pacifiste n’est pas une sinécure

Etre « pacifiste » ou viser des finalités pacifistes n’est pas une sinécure et ne présage en aucune manière une vie pacifique. Bien au contraire. C’est, dans bien des cas, une assurance de vie raccourcie. Quelques exemples contemporains le démontrent aisément.

Raoul Wallenberg, diplomate suédois disparu probablement dans le goulag soviétique après avoir voulu sauver plusieurs milliers de juifs hongrois en 1944.

Le comte Folke Bernadotte, médiateur de l’ONU, assassiné en 1948 par des terroristes juifs en Palestine, en voulant tenter de régler la question palestinienne.

Dag Hammarskjöld, secrétaire général des Nations Unies (élu en 1953), décédé en 1961 en cours de mandat lors d’une mission de médiation au Katanga. Il trouve la mort dans un accident d’avion (qui ne laisse aucun survivant), provoqué probablement par un sabotage voire une attaque aérienne. Prix Nobel de la paix à titre posthume en 1961.

Anouar El Sadate, chef d’Etat égyptien, co-lauréat (avec Menahem Begin) du Prix Nobel de la Paix en 1978, se fait assassiner en 1981 par des intégristes alors qu’il assiste à un défilé militaire. L’autre co-lauréat, Begin, est mort sans jamais avoir été inquiété par rapport à son passé de terroriste (il avait participé, en 1946, à l’attentat contre l’hôtel King David et en 1948 au massacre de Deir Yassine).

Martin Luther King, autre lauréat du prix Nobel de la paix (en 1964), lequel prônait l’égalité des chances entre les races, se fait abattre à Memphis en 1968. Le plus extrémiste des défenseurs de la race noire en Amérique, Malcom X, favorable à la création d'un Etat noir dans le sud des États-Unis, avait quant à lui été assassiné dès 1965.

Gandhi, qui était parvenu à libérer, par la non-violence, le subcontinent indien de l’emprise britannique se fait assassiner, en 1948, par un nationaliste hindou.

23:00 Écrit par Hermes007 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |