23/10/2007

Mettre la muselière

Contrairement à ce que généralement on dit, le dialogue ne va pas forcément de soi. Bien au contraire.

En suivant notre logique intérieure, nos fils conducteurs, des « autres », de tous les « autres », nous n’en avons que faire. Ils nous embarrassent la plupart du temps. Sauf dans l’urgence, dans le besoin immédiat, dans le cadre d’un calcul ou pour alimenter les exigences des instincts.

Car le dialogue peut remettre en question nos certitudes, notre belle architecture. Il peut nous déstabiliser.

Alors, le silence, l’esquive, les demi-mots ont beau jeu. Ou au contraire, les flux ininterrompus, la parole violente, les mots-massue.

Tout cela pour saboter le dialogue, le détourner, le minimiser, lui mettre la muselière.

00:15 Écrit par Hermes007 | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

vu votre relation aux autres , comment avez vous pu imaginer de créer un blog? Quel est donc, soudain , ce besoin urgent de communiquer par ce biais superficiel et pathétique vos impressions?
Quels instincts à satisfaire? à moins qu'une narcissite aigüe?

Écrit par : cigale | 03/11/2007

Petit délire autour de la communication et de la muselière Il n’y a dialogue que lorsqu’il y a volonté de communiquer.
Si chacun estime avoir raison, il n’accepte pas d’être contrarié et clôt le bec de son interlocuteur en l’accusant selon les cas de machiste ou de féministe mais ces étiquettes ne sont que des couvertures pour étouffer une conversation déplaisante, une remise en question de sa façon de voir les choses.
Dialoguer c'est accepter l’espace d’un instant de se mettre à la place de l’autre.
On n’est pas obligé de répéter 20 fois la même chose sous le couvert de mots différents, on va droit à l'essentiel, on laisse la place au silence qui devient non un ennemi mais un allié, c’est un apprentissage long et difficile, jamais complètement acquis, remis en question à chaque tournant.
La violence est une défense et on se défend quand on est en position d’infériorité.
Le dialogue n’établit pas une échelle d’importance, il accorde à chacun une valeur et une reconnaissance égales.
Les meilleurs dialogues que l’on trouve sont dans les livres, à travers des mots pesés pour être explicites, à travers le rythme du lecteur, lent ou rapide, c’est lui qui décide et c’est lui qui acquiesce ou désapprouve. Mais de cet instant de communion entre le passé d’un écrivain et le présent d’un lecteur naît un moment d’étrange communion, inégalable, un moment suspendu dans une dimension du temps impalpable. Dans les livres il n’y a pas de dialogues de sourds (même si certains pratiquent la langue de bois) il y a partage ou rupture, mais toujours dans un calme olympien. Combien de fois as-tu, de rage, jeté un livre par terre ?
Si tu n’es pas d’accord nul n’en saura rien, il suffit de le refermer, de le ranger et de l’oublier.
Tu as toujours le choix de commencer un autre dialogue ou de poursuivre un monologue intérieur, tu deviens insensible à la massue des mots forts, imperméable à la fréquence auditive des flots de paroles. Tu peux, sans révolutionner le monde, détacher ta muselière, relever la visière de ton casque et… trouver la sérénité !

Écrit par : Saravati | 07/11/2007

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