17/11/2007

Mur de Berlin, Yougoslavie, Bruxelles, Wallonie : la boîte de Pandore ?

Au cours des années 1990, j’étais resté choqué par les évènements qui se produisaient dans l’ex-Yougoslavie. A une heure d’avion de la capitale de l’Europe, se déroulait une guerre fratricide.
Le summum de l’horreur avait été atteint en juillet 1995, lors de l’assaut de Srebrenica. Je me trouvais alors à Perugia, en train de suivre un cours auprès de l’« Università per stranieri ».
Je recevais, avec appréhension, l’écho des évènements balkaniques. Les médias, quotidiennement, précisaient l’état de la situation. « Les assaillants se trouvent à quelques kilomètres de la ville ». « L’assaut final est imminent ». « La ville a été prise ».
C’est ainsi, qu’au su et au vu du monde entier, en direct tv, on a assisté à la liquidation, « épuration ethnique » suivant la formule codifiée, de la population de Srebrenica.

En dépit des « plus jamais cela », en dépit de toutes les incantations pacifistes et des proclamations relatives à la « fin de l’Histoire », la guerre avait été réactivée sur le continent européen.
On nous assura que c’était les soubresauts de la chute du communisme. Que ces péripéties étaient dues à la décongélation de situations historiques que la Guerre froide avait figées depuis 1945.
Rien à voir avec l’Occident.
Hélas, ce qu’on oublia de dire c’est que tout se tient et que la chute du Mur de Berlin et le démantèlement de la Yougoslavie ont ouvert, en quelque sorte, la boite de Pandore des possibles géopolitiques.

Après l’éclatement de l’URSS et de la Yougoslavie, pourquoi d’autres pays n’auraient-ils pas suivi le même chemin ? Pourquoi pas aussi en Occident ? N’avait-on pas, par exemple, inventé le concept de « Padanie » pour briser l’Italie ?
Maintenant, c’est le tour de la Belgique. A terme, la Flandre pourrait devenir complètement autonome et, dit-on, la Wallonie pourrait être rattachée à la France.
Si cela devait se réaliser, on devrait s’attendre à de grandes manœuvres géopolitiques. Car les situations potentiellement révisionnistes sont nombreuses en Europe où les frontières ont été fluctuantes au cours des siècles et où existent des revendications d’autonomie. La Flandre pourrait ainsi servir de modèle à d’autres entités.

Et l’on pourrait assister, au cours des prochains lustres, à un remodelage de la carte européenne. Et la France qui bénéficierait d’un gain territorial dans l’immédiat pourrait, à terme, perdre certaines de ses régions (songeons à la Corse ou au pays basque).
Jeu dangereux, par conséquent. D’autant plus qu’il pourrait être suivi par une volonté d’expansion d’autres Etats. On reviendrait au nationalisme du 19e siècle et de la première moitié du 20e.

Concernant la France, il convient de rappeler qu’à l’issue de la seconde guerre mondiale la France avait déjà songé à élargir ses frontières européennes en direction des pays vaincus (en incluant territorialement ou dans sa sphère économique et militaire la Sarre et le Val d’Aoste) et De Gaulle avait laissé ouverte une option de rattachement de la Wallonie à la France.
Cette option semble se concrétiser à présent.

19:54 Écrit par Hermes007 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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