13/12/2007

Salle à vapeur

Les cours de natation, c’était la grande affaire.

Le professeur d’éducation physique était sérieux, compétent, tenace. Exercices de plongée, longueurs, apprentissage du crawl ou de la nage sur le dos, exercices avec planches, etc.

Mais peu d’élèves étaient réellement motivés par ces tours de force. Alors, au fur et à mesure que le cours avançait, des élèves disparaissaient mystérieusement.

La seconde piscine municipale où se déroulaient les cours — piscine qui fut olympique pendant quelques années, avant qu’on augmente officiellement le nombre de couloirs pour les compétitions — avait une belle particularité : de la salle des douches on pouvait accéder à une salle à vapeur.

C’est là que venaient se cacher les fuyards, certes à l’abri des regards, mais dans une chaleur quasi insupportable (à intervalles réguliers, ils devaient se rafraîchir sous la douche).

Le professeur avait, cependant, une conscience professionnelle. Devinant bien où pouvaient se trouver ses ouailles, avec décision il venait effectuer un raid dans cette salle à vapeur (lorsque le nombre d’élèves appliqués avait baissé d’une manière inquiétante).

Après un inutile appel, il lui fallait payer de sa personne. Dans la blancheur opaque et brûlante de la pièce, il venait scruter toutes les personnes, tête à tête, nez à nez, à cinq centimètres. On aurait dit un grand myope en train de lire un écriteau sans ses lunettes.

Quels efforts pour mettre en vigueur la seconde partie du fameux adage mens sana in corpore sano, pour extirper les élèves d’une mollesse indésirable !

Malgré un démarrage de conscience professionnelle sur les chapeaux de roues, le professeur d’éducation physique perdit rapidement de son tonus. Après avoir formulé vainement maintes observations moralisatrices, il laissa couler volontairement les élèves curistes.

22:13 Écrit par Hermes007 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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