19/01/2008

Pirandello

Assisté à la représentation (réussie) de « Six personnages en quête d’auteur » de Luigi Pirandello au théâtre de la Place des Martyrs à Bruxelles.

Cette pièce, centrée sur l’autonomie des personnages par rapport à l’auteur — une fois qu’ils ont été créés — et en même temps sur leur nécessaire et invariante destinée, est bien représentative de l’état d’esprit de Pirandello.

Elle aborde (certes d’une manière quelque peu intellectualisante) le thème central de toute son œuvre : le problème de l’identité. Et par conséquent du jeu (théâtral ou social, c’est idem) de l’illusion, de la vérité, de la fiction que tout un chacun anime. Pour tout dire, de la folie et de la raison.

Pirandello n’avait qu’à puiser autour de lui pour exprimer cette réflexion : lui qui est né dans un lieu-dit appelé Chaos (lequel symbolise mieux que tout autre mot l’absence de repères) ; près d’une ville qui a changé de nom (Girgenti est devenue Agrigente en 1929, sous Mussolini) ; dans cette terre sicilienne des Grecs qui avaient voulu démythifier les Dieux et la Nature elle-même (c’est-à-dire leur enlever le masque de l’apparence) ; qui a vécu avec une femme devenue folle.

Lui, originaire d’une Sicile qui a été, tout au long de son histoire, un territoire de frontière (et l’on sait que dans ces territoires critiques les problèmes identitaires sont exacerbés), relié à un pays aussi où la Mafia constituait déjà une puissance régissant d’une manière occulte la vie des gens, organisation niée, parfois, par les Siciliens eux-mêmes.

16:24 Écrit par Hermes007 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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