04/04/2008

Kamikazes

Les kamikazes islamistes nous font horreur car l’Occident a certes sacralisé la vie mais à sens unique pourrait-on dire : une vie matérielle confortable, propre, sans tourments, aseptisée.
La mort, son corollaire, a été évacuée, parquée dans des ghettos (les maisons de repos pour vieillards, véritables mouroirs, loin des yeux) ou éliminée par le biais de l’euthanasie.

La vie qui doit triompher, c’est la vie qu’on voit dans les spots de publicité, les mensurations idéales, le poids parfait, le dynamisme corporel permanent. Mais cette vie sacralisée est « réservée » aux Occidentaux (ou occidentalisables) et pour leur usage personnel.

Même les guerres occidentales sont présentées de telle sorte qu’aucun mort n’y apparaisse : ce serait scandaleux, en opposition totale avec l’esthétique de l’Occident. Elles apparaissent donc comme des jeux vidéo où l’on peut disposer de vies illimitées. L’Occident n’a que faire de la vie sacrée de qui n’est pas Occidental.

Dans un monde que l’Occident lui-même proclame désormais global, tout ce qui est au-delà de son limes ne l’émeut pas ou peu : famines et malnutrition, sida, rareté de l’eau, absence de médicaments. Or les kamikazes, par-delà leurs motivations immédiatement politiques, viennent remettre la réalité physique au centre du village.

Des gens osent mourir, se mettre effrontément en spectacle, alors que ce spectacle est tabou en Occident. Cette vie, qui n’a de valeur qu’occidentale, est dévaluée, ailleurs, par l’Occident. Cela va pourtant à l’encontre de nos principes fondateurs.

On peut prédire que si l’Occident poursuit sa course dans cette direction de « deux poids deux mesures » il va accepter, dans sa vision médiatique, des spectacles de plus en plus « immoraux » (ou, si l’on préfère, « inhumains ») qui auront comme finalité de devoir rendre les cœurs occidentaux insensibles et effacer la contradiction que l’on peut déjà constater.
Pour pouvoir accepter cette dualité de traitement. On n’est plus tellement loin du retour des arènes romaines et des combats de gladiateurs.

L’Occident accepte les kamikazes mais uniquement pour sa cause. Dans l’Ancien Testament on y relate le « haut fait » du kamikaze Samson lequel rendu aveugle par son amante Dalila, dans un moment opportun, détruit par sa force surhumaine, en se suicidant, le temple où sont réunis en un banquet les ennemis de son peuple, trois mille Philistins (hommes, femmes et sans doute aussi enfants) qu’il entraîne avec lui dans la mort.
Est-ce que Samson poursuivait déjà une « guerre asymétrique », pour utiliser une expression moderne ?

Ne devrait-on pas censurer ce passage de la Bible et, sans doute, bien d’autres tout autant susceptibles d’induire des comportements non-conformes ?
Ne faudrait-il pas brûler aussi toutes les œuvres d’art inspirées par cet épisode de « sacrifice » (ou comme le disent les Islamistes de « martyr »)  : innombrables tableaux, opéras, qui exposent ce thème ainsi que toutes les copies du film de Cecil B. DeMille « Samson et Dalila » réalisé en 1949 (interprété par Victor Mature) et qui a même reçu deux Oscars ? Pour être parfaitement en règle avec l’éthique occidentale ?

00:35 Écrit par Hermes007 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.