17/10/2008

La crise

On nous dit que la crise financière que nous vivons en ce moment serait l’équivalent, pour notre monde occidental, de la chute du mur de Berlin en 1989 pour l’ancien monde communiste.

Une réflexion qui me vient immédiatement à l’esprit c’est que la victoire de l’Occident dans la Guerre Froide n’aurait donc été qu’une victoire à la Pyrrhus et qu’il en faudrait payer le prix ici et maintenant.


On nous dit aussi que cette crise pourrait être comparable à celle de 1929. Non seulement je ne suis pas rassuré par cette comparaison mais elle m’inspire même une franche inquiétude.

Hitler n’est pas arrivé au pouvoir dans les années 1920, en dépit de la dévaluation infernale du mark, mais bien en 1933, en pleine crise économique mondiale.

Et la seconde guerre mondiale a débuté en 1939 soit dix ans exactement après la crise de 1929.


Après plusieurs décennies de libéralisme échevelé, prôné par une idéologie « totalisante » et adulée comme une vérité révélée, nous voici donc parvenus au terminus des illusions.

Ce qu’on n’avait pas voulu garder, la puissance de l’Etat, une éthique sociale, une répartition équitable des gains, la centralité de la personne humaine, il va falloir les restaurer maintenant avec un coût exorbitant et dont on ne connaît même pas encore le montant précis.

Paradoxalement, pour sauver les banques en faillite, ou mieux, pour sauver l’épargne des gens, il faudra passer du libéralisme absolu, irresponsable et antiétatique, à la nationalisation (ou étatisation) des instituts bancaires.

Cela aura des conséquences à long terme.

Lorsque Mussolini arriva au pouvoir en Italie, en 1922, il effectua une politique économique d’inspiration libérale.

Mais lors de la crise de 1929, pour sauver l’économie italienne du désastre, il se lança dans le rachat des sociétés en faillite par le biais de l’IRI (Istituto per la ricostruzione industriale).

Cette institution survécut à la seconde guerre mondiale et servit de locomotive lors du miracle économique italien des années ‘50.

L’économie italienne, en dépit de la Guerre Froide et de son implantation dans un monde occidental libéral et anticommuniste, resta « étatisée » à une hauteur de 60% jusque dans les années 1990 !

21:08 Écrit par Hermes007 | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

l analyse est parfaite les liens historiques sont veritablement à inquieter ,la difference positive est qu il y a mondialisation du problème et que les pays concernés sont à la fois ceux "developpés" et "en voie de developpement" les uns doivent aider les autres et reciproquement ; esperons que les intelligents du monde prendront les bonnes initiatives !!!

Écrit par : angelo gallo | 18/10/2008

Réponse à Angelo Oui, c'est un fait que par rapport à 1929 la réaction face à la crise semble coordonnée.
Mais je dirais que ce n'est pas forcément un acte vertueux.
Avant la deuxième guerre mondiale les économies nationales étaient davantage cloisonnées, les principales puissances européennes d'alors ayant chacune (exceptée l'Allemagne) un empire colonial et un marché chasse-gardé.
La situation a changé après 1945 avec la décolonisation, l'ouverture des marchés, la montée en puissance des sociétés multinationales et, au cours des dernières décennies, la diffusion du libéralisme extrême, la financiarisation de l'économie et la mondialisation.
La coordination mondiale s'impose donc d'elle-même en raison des intérêts désormais globalisés de l'économie occidentale.
Rien de plus. Car désormais tout est lié.
En 1929 l'économie réelle s'est écroulée sans doute « aussi » par manque de coordination, aujourd'hui elle pourrait s'écrouler « aussi » en dépit d'une coordination.

Écrit par : Hermes007 | 23/10/2008

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