31/12/2008

Un jour

Un jour je ferai le tour du monde en avion en ballon en patins à roulettes

Un jour je battrai le record du monde du cent mètres

Un jour je dévoilerai un nouveau monde impudique

Un jour je visiterai à mon rythme une infinité de mondes parallèles

Un jour je redessinerai la carte poétique du monde

Un jour j’éplucherai le monde comme une mandarine

Un jour je ne conserverai du monde que les baleines qui soutiennent les longitudes

Un jour je jouerai au bilboquet avec le monde

Et puis un jour je détruirai le monde avec un missile à l’élastique

A moins qu’un jour je ne remise le monde dans un grenier cosmique.

15:42 Écrit par Hermes007 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/12/2008

Petit Jésus

A l’approche de Noël, immanquablement, il ressortait tout l’attirail de la crèche : l’étable, l’âne et le bœuf, les bergers et les moutons, Marie et Joseph et, bien entendu, le nouveau-né (certes, un peu anticipativement).

Il plaçait le bel ensemble (tout en plastique) sur une table basse dans le hall d’entrée.
Employés et visiteurs pouvaient ainsi admirer en 3D lors de leurs allées et venues ce symbole de la Nativité.

Mais l’humour avait été aussi convié à la partie par l’ordonnateur pince-sans-rire.
Le « divin enfant » était minusculement disproportionné par rapport aux autres figures de la crèche.
Une grosse loupe était déposée sur la table et à partir de cet instrument une flèche pointait vers la crèche avec, écrit dessus, « petit Jésus ».
Hilarité assurée.

Les festivités terminées, la crèche avec tous ses personnages était remisée dans un sachet plastique gris du type habituellement utilisé pour les déchets.
Hélas, lorsque le Service a déménagé, l’an dernier, rien ne ressemblait plus au sachet gris contenant la crèche que tous les autres sachets gris contenant de vrais rebuts.
Le petit Jésus (avec tout l’attirail de la crèche) fut jeté à la poubelle.

Le bébé, depuis, est porté disparu.
Mauvaise nouvelle. Aucun miracle n’a eu lieu. L’année prochaine, peut-être, qui sait ?

23:19 Écrit par Hermes007 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/12/2008

Etourdissement

L'écriture est encore et toujours une variante du bavardage.
Elle exprime certes une énergie. Mais déjà flitrée par rapport à la "vraie vie", tellement (omni)présente, prenante et oppressante.
L'écriture, d'une certaine manière, vise à rendre la vie plus légère, moins menaçante, presque par dérision.
Mais ce n'est qu'un jeu. Le grand oeuvre de l'écriture, c'est l'étourdissement.
Comme toutes les formes d'art, par ailleurs.

23:00 Écrit par Hermes007 | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

04/12/2008

Couper/Copier/Coller

Cela apparaît aujourd’hui, à la « génération digitale », comme quelque chose d’absolument banal.
Quelques clics de souris (Couper/Copier/Coller) ou quelques touches de raccourcis (CTRL+X/CTRL+C/CTRL+V) — on trouve ces fonctions dans n’importe quel programme de traitement de texte, même le plus minimaliste.

Et pourtant, il n’y a pas encore si longtemps, dans le monde matériel sans informatique, les fonctions Couper/Copier/Coller représentaient une démarche très concrète et fastidieuse lorsqu’on voulait composer un texte et le présenter d’une manière aboutie.
Couper/Copier/Coller, tout cela se faisait au sens littéral des mots : ces opérations exigeaient l’usage de ciseaux, de papier, de caractères et de colle bien physiques.

Au Bureau où je traduis, avec d’autres collègues, les tarifs douaniers du monde entier, les Aînés (maintenant pensionnés) m’avaient expliqué leur démarche de travail d’avant l’informatique.

Il fallait d’abord traduire puis dactylographier, puis passer à l’imprimerie pour une première épreuve. C’est à ce moment qu’intervenait les ciseaux, la colle et la patience.
Il fallait corriger les lignes erronées, les retaper, découper en forme de bandelette le support papier comportant le nouveau texte et coller cette bandelette sur l’épreuve.
Nouvelle impression, nouvelle épreuve et, le cas échéant, rebelote : nouvelle correction, nouvelle dactylographie, nouvelle bandelette, nouvelle épreuve.
Et ainsi de suite jusqu’à l’épreuve réputée correcte et définitive. Et le bon à tirer.
Cela prenait un certain temps.

Je n’ai pas connu cette époque professionnelle « héroïque ». Par contre, d’un ancien collègue que je n’ai jamais connu, j’ai hérité de sa paire de ciseaux. Qu’il m’arrive d’utiliser occasionnellement pour de toutes autres fonctions et que je conserve dans un tiroir de mon bureau.

23:21 Écrit par Hermes007 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |